samedi 31 mai 2008

Très chère essence

Environnement Pompes à fric

Avec la flambée du prix du baril de pétrole et celle des prix des carburants à la pompe, nos portes-monnaies font grise mine. Ceci d’autant plus que le prix du fameux "panier de la ménagère" a lui aussi une fâcheuse tendance à s’envoler que les statistiques officielles semblent ignorer obstinément.

A environ 1,40 € le litre de SP95, faire le plein c’est un peu comme se faire des sueurs froides quotidiennes. Et ce n’est pas fini.

Aujourd’hui (31 mai 2008), le baril est à 125,59 $US, en légère baisse. Avec un dollar US à 0,65 € environ, ça nous le fait donc à 81,63 €.

Il n’est pas surprenant de voir s’exprimer sur les forums motards (ou autres) et dans à peu près toutes les discussions, ici et là, un sentiment de ras-le-bol généralisé. Quand, comme c’est le cas dans des départements essentiellement ruraux comme le Vaucluse, l’activité professionnelle et le ravitaillement dépendent à ce point de l’usage d’un véhicule, l’inquiétude est de mise. C’est normal. Surtout quand les revenus ne suivent pas la même pente affolante. Il s’en faut.

Certains se lancent même dans de savants calculs pour démontrer que l’augmentation des prix à la pompe serait abusive.

Et pourtant :

Année Prix (US$) Indice US$/€ Indice Prix (€) Indice Litre SP95 (€) Indice
2000 24,46 100 1,09 100 31,11 100 1,00 100
2007 72,44 296,40 0,73 66,97 52,85 169,88 1,17 117
31 mai 2008 125,59 513,45 0,65 59,63 81,63 262,40 1,40 140

Source : http://futura24.site.voila.fr/petrole/prix.htm

Le prix du SP95 a augmenté de 40 % quand, dans le même temps, celui du baril était multiplié par plus de 5. La dépréciation continue du dollar US face à l’euro (-41 % en 8 ans) a permis de limiter l’effet de cette hausse considérable à un facteur de 2,6 soit environ la moitié. Même s’il n’y a pas de lien mécanique direct entre le prix du baril et celui du SP95, il semble bien que la hausse du prix au litre soit relativement limitée. Sinon, nous le paierions plus de 5 €. Que doivent dire les Américains ?

Finalement, l’euro fort, s’il ne fait pas plaisir aux Présidents de la République et d’Airbus, nous préserve un peu de la crise en amortissant les hausses.

L’augmentation du prix des carburants à la pompe a nécessairement un impact sur nos budgets personnels et ceci d’autant plus durement que nous sommes plus tributaires de nos véhicules pour travailler ou nous approvisionner. Et ne parlons pas du chauffage. Mais globalement, elle a aussi pour conséquence une baisse de la consommation car elle induit des changements de nos comportements par mesure de sauvegarde. Bien obligé. Par conséquent, elle a un effet mécanique sur les rentrées fiscales. Si ces dernières ne diminuent pas forcément (la baisse de consommation est plus lente que la hausse des prix des carburants), elles ne s’accroissent pas dans les mêmes proportions que les prix à la pompe.

De là à dire que l’annonce par le Président de la République d’une possible ristourne du surplus de TVA vers ceux qui sont les plus touchés n’est qu’un effet de manche de plus, il n’y a qu’un pas que nous vous laissons le soin de franchir à votre gré.

Nous rappellerons juste que l’impôt c’est l’acte de contribution citoyenne de base à la vie de la collectivité. Sans impôt, il n’y a pas de vie en société. Il est vrai que ça fait très mal de devoir payer des taxes et des impôts en tous genres quand on peine à boucler ses fins de mois et quand on se rend compte que ceux qui n’ont pas ces soucis n’en payent pas proportionnellement autant. Ce qui importe ce n’est pas tant ce qu’on paie que ce qu’il nous reste pour vivre. Toujours est-il que reprocher à l’état d’encaisser des taxes sur les carburants est la voie la plus simple (simpliste) pour rameuter les mécontents. Mais l’état a besoin de ces ressources. Tout juste peut-on lui reprocher de ne pas puiser de la même façon dans tous les portes-monnaies, c’est à dire équitablement.

Les compagnies pétrolières voient leurs bénéfices s’envoler et avec eux les dividendes de leurs actionnaires. En toute logique, il y a là de la ressource et pas seulement pour le pétrole. Mais quel gouvernement, en France ou en Europe ou dans le monde, aura le courage de s’y attaquer ?

Alors, faire des manifs, comme on l’entend ici ou là ? Pourquoi ? Pour dire que l’essence est trop chère ? C’est pas fini, nous le savons et il faut se faire à cette idée. Pour dire qu’on n’est pas contents ? Ca va changer quoi ? Pour exiger de l’état la mise en place de politiques favorisant la substitution du pétrole par de nouvelles sources d’énergie dans les transports et des moyens pour assurer une transition la moins douloureuse possible ? Voilà qui est plus intéressant à condition que ceci ne conduise pas à sacrifier les 2RM sur l’autel des transports en commun et autres solutions collectives. Donc à bien penser pour porter des propositions crédibles et surtout réalistes.

Mais ce n’est pas aux seuls utilisateurs des véhicules (notamment les 2-roues motorisés) de porter cette réflexion. C’est aussi aux constructeurs, à ceux qui vivent de ce commerce.

Aujourd’hui, des pans entiers de l’économie risquent de se trouver en péril et nous le voyons déjà. Nous, motards, ne ferons larmoyer personne sur notre pauvre sort si nous ne défendons que notre droit à la balade dominicale. Quand il y a le feu à la baraque, on tente d’abord de sauver ce qui est nécessaire. Et faute d’y avoir réfléchi quand il était temps, nous (l’ensemble des citoyens) allons devoir affronter des situations très difficiles.

Avant de lancer tous les mécontents dans la rue, il serait bon de s’assurer que nous ne sommes pas seuls et que ce mouvement a vraiment un fondement social. Sinon, à côté du réel désespoir de certaines professions, nos gesticulations apparaitront bien dérisoires et bien égoïstes.

En tout cas, le débat est lancé. A vous de vous en saisir.

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