samedi 12 décembre 2020

La solidarité n’est pas un vain mot pour les motards !

FFMC

Solidaire. En voilà un mot important, essentiel aujourd’hui plus que jamais, et qui, traditionnellement, n’est pas vain au sein de la communauté motarde. C’est un mot qui a guidé la création de la Fédération Française des Motards en Colère et de toutes ses structures, et qui continue de l’animer, plus de quarante ans après.

Mais c’est aussi un mot, parfois galvaudé, que certains revendiquent sans sembler en saisir le sens étymologique de « solides ensemble » : on est d’autant plus résistants et puissants qu’on est unis. Régulièrement à travers tout le pays, depuis les années 80, des associations motardes se montent en opposition à la FFMC. Pas en complément de son action pour répondre à un public ou une problématique précise (il y en a beaucoup et ce sont des partenaires précieux), mais par défiance, déception, incompréhension ou désaccord. Et pourquoi pas ? La Fédé n’a pas et ne prétend pas avoir l’exclusivité des actions et des revendications motardes, la diversité peut être une force.

Ce que la FFMC affirme en revanche haut et fort, ce sont ses valeurs : tolérance, ouverture, citoyenneté, indépendance, non-corporatisme... Ses décisions, ses engagements, sont toujours pris en fonction de cela et oui, parfois, cela cause des retards à l’allumage ou des occasions manquées. Mais nous l’assumons, et préférons avoir la certitude que son nom, son image, ses militants, ne sont pas utilisés à des fins biaisées, commerciales ou manquant d’éthique. C’est ce qui nous amène à refuser des opportunités marchandes, des soutiens politiques, des subventions de fonctionnement ou encore, pour donner l’exemple concret du mouvement des gilets jaunes, à attendre un peu pour faire le tri dans les orientations et récupérations contradictoires de ses débuts. Quitte ensuite, comme ça a été le cas en l’occurrence, à le rejoindre.

Certains semblent manquer de ce recul et de la patience née de l’expérience. La démocratie au sein du Mouvement motard implique des délais de décision et des prises de position communes que tous ne sont pas prêts à accepter. Il y a aussi comme partout des conflits de personnes, des envies de pouvoir (aussi relatif soit-il au sein d’une association totalement bénévole !). Parfois donc, ces déçus, ces impatients, ces motivés aussi ce qui est très bien, s’organisent et proposent une nouvelle entité (jouant souvent sur l’ambiguïté de leur affiliation réelle). Hélas, ce qui devrait enrichir et renforcer le monde motard revient surtout à le diviser, à décourager les bonnes volontés et déconcerter les gens. Et personne ne profite de ce genre de situation, certainement pas les motards.

Qu’il s’agisse de manifestations, de la représentation auprès d’institutions ou d’événements festifs ou même caritatifs, on est toujours plus efficaces ensemble. Aussi est-il particulièrement désagréable et contre-productif de voir les actions de la FFMC non pas complétées et amplifiées, mais plagiées et phagocytées par des gens dont on ne peut que s’interroger sur les motivations réelles. Désagréable et contre-productif, mais pas dramatique.

Quarante ans que la FFMC est ainsi parodiée ou copiée, avec plus ou moins de subtilité et de succès. Mais elle est toujours là. Ceux qui souhaitent réellement faire avancer la cause communiquent et travaillent en bonne entente avec elle, après tout il y a du boulot pour tout le monde. Quant aux autres... Ils sont libres, évidemment, mais invités à se demander ce que serait aujourd’hui le monde de la moto en France si au cours des décennies la FFMC avait été trop affaiblie pour le défendre et innover comme elle l’a fait. Les sujets ne manquent pas pour les quarante ou même les dix ans à venir, avec le retour du contrôle technique, les interdictions de circuler, le stationnement payant, les lacunes de la formation, la répression de toutes parts, les enjeux environnementaux et sociaux... Quand on voit tout ce qu’elle a accompli malgré un nombre proportionnellement réduit d’adhérents et malgré les dissensions du milieu, imaginez ce qu’elle pourrait faire avec plus de moyens et de militants actifs ! Les motard.es ont tout à gagner à s’unir et à être, réellement, solidaires les uns des autres, au lieu de se mettre des bâtons dans les roues.

Toutes les bonnes volontés de gens motivés et disponibles sont bienvenues à la FFMC, ou à l’extérieur mais en travaillant ensemble en bonne intelligence, au lieu de saper ses fondements en profitant de moments de moindre disponibilité ou réactivité. Comme le rappelle son slogan "Plus forts, ensemble". C’est ça, être solidaires.

Le bureau de la FFMC 84

La liberté guidant les motards