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Pompes à fric
Le dossier complet de la procédure VE
le 25 février 2009 par FFMC du Vaucluse A l’issue de la réunion du 12 février 2009 réunissant la Direction de la Sécurité et de la Circulation Routières (DSCR), les experts en automobiles, les assureurs et les représentants du monde de la moto, la FFMC 84 appelle plus que jamais les pratiquants de deux-roues motorisés, et plus largement tous les usagers de la route, à se mobiliser contre la procédure des Véhicules Endommagés (VE) le 21 mars prochain à 14 heures devant la nouvelle préfecture d’Avignon (boulevard Limbert).
Si la DSCR semble disposée à prendre du temps pour adapter cette procédure aux spécificités du deux-roues motorisés, elle refuse toute concession sur le fond de la réforme.
Au-delà de l’inutilité technique de cette règlementation, ses seuls bénéficiaires seront les experts en automobile qui en ont rédigé les dispositions pratiques.
Appel à la manif
Pour la FFMC, preuve est faite, une fois encore, que derrière le masque avenant de la Sécurité Routière se cache la figure hideuse d’une loi injuste et arbitraire dont le seul but est de contraindre les citoyens à la soumission et au silence. La France devient plus que jamais un état policier, un royaume de l’arbitraire. Pouvons-nous accepter sans broncher que les forces de l’ordre décident sur le bord des routes de nous priver de notre droit à circuler, sans aucun motif légitime, sans autre forme de procès qu’un simple soupçon infondé, et pénalisent financièrement tout citoyen qui déplaira ? La FFMC ne l’accepte pas. L’apparente volonté de concertation de la DSCR s’est révélée n’être qu’un simple sirop pour mieux faire passer la pilule auprès des usagers qui seront, au final, les seuls à payer la facture.
Place à la manifestation !Face à un tel mépris de la situation des usagers-citoyens, la FFMC ne peut rester impassible.
En Avignon, rendez-vous est donné à 14 heures devant la nouvelle préfecture, boulevard Limbert. Nous sommes tous concernés, mobilisez-vous, mobilisez vos parents, vos amis, vos collègues ! Rejoignez-nous massivement ! Cliquez ici pour connaître la liste des manifestations dans le pays Un peu d’histoireLes origines de la procédure VE En 1982, un rapport d’enquête démontrait que le mauvais état général et l’insuffisance d’entretien des véhicules étaient à l’origine de près de 30% des accidents mortels.
La mise en place de la procédure VGA Prévue aux articles R. 326-1 à R. 326-5 du code de la route, la procédure VGA, inapplicable aux deux-roues motorisés, permettait aux forces de l’ordre, appelées sur un accident de la circulation, de retirer la carte grise d’un véhicule, si elles estimaient qu’en raison de la gravité des dommages qu’il avait subis, celui-ci n’est plus en état de circuler sans danger pour la sécurité. Un expert en automobile, qualifié VGA, devait ensuite confirmer ou infirmer le diagnostic établi par l’agent. Si le véhicule s’avérait effectivement dangereux, l’expert évaluait et suivait les travaux jusqu’à complète remise en état du véhicule.
Pour redresser la barre, le gouvernement a souhaité que la procédure VGA soit réformée, même si aujourd’hui l’enjeu pour la sécurité routière n’est plus aussi fort que dans les années 80. De la procédure VGA à la procédure VE C’est la loi n°2003-495 du 12 juin 2003 renforçant la lutte contre la violence routière qui a introduit dans le code de la route un nouveau chapitre VII intitulé « véhicules endommagés » où figurent trois nouveaux articles consacrés à la procédure VE qui, contrairement à l’ancienne procédure VGA, s’applique aux deux-roues motorisés.
En 2005, l’inspection générale de l’administration et le conseil général des ponts et chaussées ont été chargés de réfléchir à la mise en place de la procédure VE. Leur rapport, publié en février 2006, a particulièrement insisté sur la nécessité d’adapter les critères de dangerosité qui déclencheront la procédure VE à chaque catégorie de véhicules et sur le besoin d’instaurer une large concertation, non seulement auprès des professionnels concernés
mais aussi des usagers.
La procédure Véhicules EndommagésInstaurée dans le code de la route par une loi du 12 juin 2003, la procédure des véhicules endommagés (VE) entrera en vigueur le 15 avril 2009, par la publication d’un décret (pour rappel un décret est un acte réglementaire signé par le Président ou le premier ministre. Il n’est pas examiné par le Parlement et ne fait l’objet d’aucun vote à l’Assemblée Nationale ou au Sénat).
Une procédure applicable aux deux-roues motorisés Alors que la procédure VGA excluait explicitement les deux-roues motorisés de son champ d’application, la procédure VE vise, quant à elle, tous les véhicules à moteur immatriculés.
Deux autorités peuvent déclencher la procédure VE Tout d’abord, les forces de l’ordre, sur la base d’un simple soupçon, peuvent retirer provisoirement un véhicule de la circulation en attendant le passage d’un expert qui déterminera si son état de dangerosité est avéré ou non. Les frais de rapatriement du véhicule et d’expertise seront à la charge de l’usager, peu importe le résultat de cette dernière.
L’instauration d’un super contrôle technique Si une déficience est constatée, le véhicule sera classé comme véhicule endommagé, retiré de la circulation et il vous appartiendra d’aller remettre, sous 10 jours, votre carte grise en préfecture.
La position de la FFMCLa procédure VE : une réforme injustifiée, un risque d’arbitraire L’injustice est sans aucun doute le sentiment qui domine cette procédure, tant elle dédouane l’administration de ses responsabilités et accable le citoyen en le privant de recours.
La procédure VE : un contrôle technique aux mains des forces de l’ordre et des experts Si l’objectif de retirer de la circulation les véhicules dangereux se veut consensuel - ce qui était tout de même censé être l’objectif affiché du contrôle technique automobile - cette règlementation dépasse largement ces enjeux. A l’inverse, elle coïncide parfaitement avec la volonté du gouvernement de mettre en place un contrôle technique des deux-roues motorisés dont la FFMC a démontré l’inutilité et l’extrême complexité. Une fois la procédure enclenchée, l’expert ne pourra autoriser la remise en circulation du véhicule qu’après s’être assuré qu’il n’a pas subi de transformations. _ L’objectif initial de la procédure est alors complètement biaisé puisqu’il ne s’agit plus d’éviter un danger dans la circulation mais de faire la chasse à la personnalisation des véhicules et, bien entendu, pas seulement des 2-roues motorisés (gare au « tuning »).
Au final, c’est un chèque en blanc que les professionnels, assureurs et usagers doivent signer à la Direction de la Sécurité et de la Circulation Routières (DSCR).
Les propositions de la FFMCA l’issue d’une réunion de présentation de la procédure VE organisée par la Direction de la Sécurité et de la Circulation Routières (DSCR) le 9 décembre 2008, la FFMC, la FFM, la branche deux-roues du CNPA et l’Assurance Mutuelle Des Motards ont élaboré ensemble une position commune tendant à amender cette nouvelle règlementation pour faciliter son acceptabilité tout en maintenant ses objectifs. Dans un premier temps, il nous parait important de réserver le déclenchement de la procédure aux seuls experts missionnés par un assureur à la suite d’un sinistre, à l’exclusion, donc des forces de l’ordre, dont les missions déjà nombreuses, ne peuvent légitimement se substituer aux experts (n’en ayant pas la formation) pour juger l’état d’un véhicule en général et d’un deux-roues motorisé en particulier. Retirer un véhicule de la circulation et imposer le passage d’un expert sur la base d’un simple soupçon de dangerosité présente en effet des risques d’erreur importants dont les conséquences seraient inacceptables pour les usagers. Dans un second temps, nous demandons la mise en place d’un moratoire de trois ans afin de revoir précisément, avec tous les acteurs concernés, les conditions de déclenchement et de suivi de la procédure VE pour les adapter aux spécificités des deux-roues motorisés et faire un état des lieux des outils de vérification de géométrie disponibles dans chaque département. Placé au cœur de la procédure, l’expert aura la lourde responsabilité de retirer de la circulation un deux-roues motorisé dont l’état lui semble dangereux. L’absence de spécialisation au sein de la profession d’expert risque, là encore, de générer des erreurs d’appréciation et, au final, de classer comme dangereux des véhicules qui, en réalité, ne le sont pas. Pour éviter ces écueils et assurer la cohérence de l’expertise, les experts devraient, pour pouvoir juger de l’état d’un deux-roues motorisé, avoir suivi une formation spécifique, reconnue par les pouvoirs publics.
Par ailleurs, une fois la procédure déclenchée, l’obligation faite à l’usager de remettre sa carte grise en préfecture, alors que son véhicule est immobilisé, apparaît comme une contrainte administrative supplémentaire tant pour les usagers que pour les préfectures, déjà très encombrées.
Concernant le suivi des travaux et pour éviter que la procédure VE soit perçue comme un contrôle technique, la mission de l’expert devrait être limitée au contrôle des seuls éléments de sécurité ayant déclenché la procédure. Si toutefois des non conformités étaient constatées, il appartiendrait alors à l’expert d’en avertir le propriétaire du véhicule par courrier, comme le prévoit l’article 3 du décret 91-1315. Enfin, toujours dans un souci de cohérence, nous proposons que la procédure VE ne puisse être déclenchée que si le montant des réparations, chiffré par l’expert, dépasse le coût de la procédure, soit environ 765 €. Les actions menées par la FFMCL’échec de la concertation Les informations sur la mise en place de cette nouvelle règlementation n’ont quasiment pas filtré depuis le vote de la loi du 12 juin 2003. Seuls les experts en automobile semblent avoir été consultés sur sa mise en application.
Pour en savoir plus : la procédure VE dans le Code de la RouteArticle L327-4 (créé par Loi 2003-495 2003-06-12 art. 20 4° JORF 13 juin 2003) Lorsqu’en raison de la gravité des dommages qu’il a subis, un véhicule a été immobilisé en application des articles L. 325-1 à L. 325-3, l’officier ou l’agent de police judiciaire qui procède aux constatations retire à titre conservatoire le certificat d’immatriculation.
Article L327-5 (créé par Loi 2003-495 2003-06-12 art. 20 4° JORF 13 juin 2003) Lorsqu’un expert en automobile constate qu’en raison de son état un véhicule ne peut circuler dans des conditions normales de sécurité, il en informe le préfet du département du lieu de constatation ou, à Paris, le préfet de police, sans que puissent y faire obstacle les règles relatives au secret professionnel. Le préfet avise le propriétaire de l’interdiction de circulation de son véhicule et procède à l’inscription d’une opposition au transfert du certificat d’immatriculation jusqu’à la remise de ce document.
Article L327-6 (créé par Loi 2003-495 2003-06-12 art. 20 4° JORF 13 juin 2003) Un décret en Conseil d’État fixe, en tant que de besoin, les conditions d’application du présent chapitre.
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